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La blogosphère et le masque social

masque.jpg  Lorsqu’on prend le temps de s’ausculter soi-même et d’observer nos semblables, on constate à quel point le masque social est un mal très profondément enraciné en chacun de nous. Par moments, lorsque je feuillette mon blogroll, ou plutôt mon blogroll parallèle (puisque j’exempte mon blogroll public de cette analyse), j’en profite pour observer et tenter de comprendre quel masque chaque auteur porte. Certains portent un masque parfait, un masque qui leur permet de se fondre dans la foule utopique, tout comme les meilleurs acteurs le font dans un film. Plus le masque est bien façonné, plus l’auteur tombe dans le piège de cette mode d’aujourd’hui qu’est l’obscénité publique et avouée, et plus je me dit que cette personne tente de combler un vide immense par l’écriture. Sous un autre angle, peut-être aussi que l’auteur cherche l’approbation ou veut tout simplement se faire justice à soi-même inconsciemment. L’illusion créée par un rôle impeccablement joué permet selon moi à l’auteur d’éviter d’avoir à faire face à la réalité, cette justice invisible mais implacable. Je plains évidemment ces personnes, mais je les aime bien. Non seulement parce qu’ils me divertissent, mais parce qu’ils osent exposer leurs faiblesses à tous, ce qui n’est pas donné à tout le monde j’en conviens, à moi non plus d’ailleurs.

Désolé si je me répète un peu, j’aime bien cette analogie du masque…

Sur ce, bonne soirée et bon démasquage si le coeur vous en dit.

Est-ce que votre travail est satisfaisant ? (dernière partie)

Tout dans notre société est chiffré, quantifié, qualifié. Ce qui compte c’est la performance. Les indicateurs de performances, le poids, la grandeur, le résultat scolaire en pourcentage, l’âge, le salaire etc. Chaque indicateur est un critère de perfection. La société exerce une pression qui nous pousse à nous rapprocher le plus possible de ces points culminants.

Je me disais à prime abord que j’allais inventer un calcul qui me permettrait, ainsi qu’à vous, de déterminer si notre emploi en valait la peine. Ça aurait été une sorte de test. L’emploi en question aurait simplement passé avec succès ou échoué ce test. Après réflexion, je ne ferai pas ce calcul. Je pense qu’en général c’est une belle erreur de trancher au couteau de la sorte à partir de quelques chiffres, de tout évaluer en chiffres, en terme de rendement. Je pense que c’est une bonne idée d’utiliser les chiffres en terme d’aide à la décision, mais il ne faut pas les pousser trop loin. Les chiffres ne peuvent décider pour nous. Tout n’est pas blanc ou noir.

Je pense qu’en tout temps, une décision doit être basée sur un agencement de faits logiques ET de nos émotions, nos pressentiments, notre personnalité. Sans quoi, la décision en question n’a aucune valeur. Nous nous démarquons par les décisions que nous prenons, alors si ces décisions n’ont aucune part d’émotion, nous ne sommes que des personnes sans personnalité, sans caractère, des pantins.

Pour résumer ma conclusion concernant le questionnement sur le travail, voici l’équation à utiliser selon moi :

1- À quel niveau le travail est important pour vous ? Est-ce qu’il est un élément indispensable à votre réalisation personnelle ?
2- Est-ce que votre salaire vous permet de faire les achats et activités importantes pour vous, dans votre vie en dehors du travail ?
3- Est-ce que vous aimez votre travail ? sentez-vous qu’il vous permet d’évoluer ? Vous apporte t’il suffisamment de défis ?
4- Aimez-vous les gens avec qui vous travaillez ?

En fonction de ces réponses, vous pourrez prendre une décision. Vous pouvez aussi considérer dans votre questionnement le fait que le travail représente environ 40% de votre vie consciente.

Si le résultat est négatif, pourquoi ne pas opter pour le changement ? Nous n’avons probablement qu’une seule vie. Le regret ne doit pas exister. Attendre que les choses changent par elle-mêmes, que les décisions se prennent pour nous, ne trouvez-vous pas que ça représente un gros risque ? le risque de voir les années défiler, tel un film dont vous êtes un spectateur. Je vous souhaite plutôt d’en être un acteur.

Le déguisement

Je suis dans l’autobus de l’avenue Mont-Royal. Je n’ai pas très long à faire mais j’ai le temps d’observer autour de moi. D’ailleurs je n’ai que ça à faire en attendant d’arriver à destination. Un flot de 16-17 ans vient s’asseoir sur les bancs perpendiculaires situés face à moi. Il porte une tuque, des lunettes de soleil, des écouteurs et il mâche une gomme de façon très évidente… trop évidente. En s’assoyant il place son pied sur le banc face à lui, à quelques millimètres du gars qui y est assis. Le gars, un jeune de 12-13 ans j’imagine, semble intimidé quelques secondes mais ne semble plus trop s’en faire par la suite. Dans ma tête, je perçois le look et la gestuelle du flot de 16-17 ans comme de l’arrogance. Je me dis « pauvre petit con ».

Il a l’air un peu nerveux. Il n’arrête pas de regarder furtivement à gauche, ensuite à droite, à gauche, et ainsi de suite. Je me place tout à coup d’un autre point de vue. Je me rappelle de quand j’avais son âge. Par sa nervosité, je me dis que sans le savoir, il accorde beaucoup d’importance au regard des autres et à l’image qu’il projette. En mâchant fortement sa gomme, en déposant son pied presque sur son voisin, en portant une tuque et des lunettes fumées, je me dis qu’il veut projeter l’image contraire, par ce désuisement, de ce qu’il est en réalité. Au lieu de m’inspirer le sentiment négatif que j’avais au départ, qui m’aurait donné le goût de lui donner une taloche pour lui expliquer comment respecter son entourage, il m’inspirait maintenant une certaine pitié. Les ados ont tellement peur d’avoir l’air de ce qu’ils sont, autrement dit des jeunes un peu nerveux et craintifs face à la vie, qu’ils portent un déguisement, comme j’en portais un aussi à cet âge, même s’il était plus subtil. Un déguisement qui représente la nonchalence, l’absence de peur face au présent et à l’avenir.

Plus j’y pense et plus je me dis que le déguisement n’est pas réservé aux ados. Il est partout. Plus les gens sont vieux et plus leur déguisement est subtil et raffiné. Il est amélioré d’année en année pour se fondre de mieux en mieux dans ce décor que représente la société. Comme à l’halloween, certains sont meilleurs que d’autres dans le rôle qu’ils jouent dans leur déguisement. Moi qui avait des pensées négatives envers ce pauvre ado. Il se déguise maladroitement puisqu’il en est à ses tout débuts, ça va lui passer avec le temps…

L’homme-déchu-qui-ne-met-pas-ses-culottes

Pourquoi la gente masculine a-t-elle toute l’attention du journal La Presse cette semaine ? Est-ce qu’il y a vraiment un phénomène à ce sujet ? J’en doute un peu. On a commencé avec le métro-sexuel, ensuite l’hüber-sexuel et maintenant l’homme-déchu-qui-ne-met-pas-ses-culottes, qui est un genre de mixte entre les deux types précédents si j’ai bien compris ?

Je veux bien croire que la révolution féminine nous a brassés un peu, mais je ne pense pas que nous soyons à plaindre. Selon certains spécialistes, l’homme a perdu son rôle de leader incontesté dans le couple et la société, mais il continue d’être élevé comme dans le bon vieux temps, comme s’il allait encore jouer dans sa vie un rôle de « big boss familial ». Oui c’est peut-être vrai. Le style autoritaire n’est plus à la mode et le monde a beaucoup changé. Je pense que malgré tout nous continuons de prendre le lead sur certains aspects, autant que les femmes le font d’une autre façon. La manière de le faire a tout simplement changée, pour ne pas dire évoluée.

De mon point de vue, certains gars se sont simplement trop laissés influencer par la révolution féminine et l’expriment en se féminisant eux aussi ou en tombant dans la déprime. Je ne pense pas toutefois que c’est la majorité. Je me sens un peu simpliste puisque pour couvrir convenablement le sujet, ça aurait pu me prendre plusieurs pages, mais ça résume en partie le fond de ma pensée. Peut-être aurai-je l’occasion d’approfondir un peu plus le sujet une autre fois.

Plutôt sérieux comme sujet hein ? allez, maintenant souriez et aller faire un petit tour sur les tetesaclaques.tv ! Le tout dernier clip ne m’a pas fait rire du premier coup (le cadeau de fête), peut-être la prochaine fois. Selon moi, il est loin derrière celui des deux orignaux qui se parlent :
« argarde-moé pis dit pinotte sans rire, aweille aweille aweille ! »

Complexité

La vie c’est compliqué. On se pose des tas de questions sur les autres, sur nous-mêmes. On se demande pourquoi les autres cherchent telle ou telle chose, pourquoi ils réagissent de telle ou telle façon. On se pose les mêmes questions à propos de nous-mêmes. Lorsqu’on réalise à quel point on est égoïste parfois, en tant qu’individu et en tant que société, on s’attriste mais on ne change pas pour autant. On fait ou pense des choses dont on ne peut s’expliquer nous-mêmes. On se demande vers quelle dérive cette société se dirige. Société dont nous faisons bel et bien partie. En fait, on se pose la question sur nous-mêmes puisque nous formons un tout avec cette société.

En tant que gars dans le début de la trentaine je me demande parfois, comme vous aussi j’en suis pas mal sûr, pourquoi nous les gars, et les femmes, avons tant de misère à nous rejoindre alors qu’une bonne partie de notre vie c’est ce que nous essayons de faire. Je crois que durant la trentaine, c’est le gars en général qui doit faire son mea culpa. C’est lui le grand coupable. La femme ne cherche qu’à se caser et éventuellement fonder une petite famille alors que nous, on fuit.

Tant de questions.

Il y a juste un problème avec tout ça. Je me sens cheap ce soir.
Tellement cheap que je ne vous donnerai aucune réponse à ces questions.
Vous êtes tous condamnés, bien malgré vous, à vous poser toutes ces questions, et ce, toute votre vie. Amusant non ?

P.S. ce petit texte se veut plus humoristique que sarcastique.