J’avais planifié d’aller marcher. Une voix me dit « très mauvais temps pour marcher ». L’autre me dit « il y a plus d’action et d’ambiance dans ce temps-là ». Bien sûr, c’est la 2ième voix qui gagna.
C’est fou comment en l’espace de quelques jours on est passé d’une saison à l’autre. Je me retrouve à faire une marche hivernale et comme de fait, l’ambiance sur Mont-royal est plus joyeuse qu’il y a quelques jours, même si Météomédia et la radio nous disent que c’est littéralement affreux, pour ne pas dire l’apocalypse.
Petite parenthèse : Effectivement ce n’est pas l’idéal sur les routes, il faut prendre mille précautions, mais ça me rappelle toujours à quel point les médias possèdent l’art de présenter l’aspect mauvais de chaque chose. OK, admettons qu’il y a eu 100 sorties de route et que les médias ne font que parler de ça, pourquoi ne parlerait-on pas plutôt des 100 000 personnes dont la frénésie créée par la température a fait sourire (bien entendu, je parle ici de tous ceux et celles qui n’ont pas à se taper l’autoroute 15 ou autre trajet dont personne habitant le 514 n’envie). Fin de la parenthèse.
Donc, je marche mais cette fois en bifurquant rapidement vers une petite rue. Environ à mi-chemin, sur la rue St-Hubert, je rattrape rapidement un vieillard (appelons le Isidore) qui pousse une madame d’un certain âge, disons 85 ans, sur sa chaise roulante (Que j’appelle ici Fernandine pour les besoins de la cause). Je ne sais pas si c’était un vieux couple, mais ils avaient l’air habitués de se chicaner.
(Fernandine) « Heyy tu vas encore me faire tomber, comme la dernière fois. »
(Isidore) « Mais non, Mais non, fait moi confiance. »
En les dépassant, je constate que la chaise roulante est littéralement pris dans la slush sur le coin de la rue. Le Isidore en question tente de traverser la rue en tournant la chaise dans tous les sens. Je m’arrête et lui dis « Avez-vous besoin d’aide ? je pense bien que oui ». Il jette un coup d’oeil rapide vers moi, ne répond pas (peut être la crainte) et continue d’essayer de déprendre la chaise. Je lui dis « attendez je vais vous aider ». Sans attendre sa permission, je prends un des deux manches et j’aide Isidore à tirer la chaise à reculons jusque l’autre côté. Je m’assure que la suite du trajet semble bien dégagée et je laisse ce cher Isidore reprendre les commandes. Celui-ci s’empresse de le faire, sans me dire merci.
Je reprends mon rythme rapide, je me retourne pour voir s’ils ont eux aussi repris un certain rythme et je crois comprendre qu’ils avancent bien, mais ils s’engueulent toujours. J’en conclus que c’est un très vieux couple et que bien sûr les deux s’aiment encore, c’est juste qu’ils aiment bien ça s’engueuler.
Je dois dire que je n’ai pas eu besoin d’un remerciement pour que le scénario m’arrache un sourire. Je crois que ça a fait ma soirée.